Mardi 17 août 2010 2 17 /08 /Août /2010 20:52

 

Salut vous tous,

 

  Nous avons donc passé quasiment 2 semaines à faire nos larves sur Faranah, où les 1ers jours Marion était patraque, elle ne mangeait rien de la journée et antho était déboussolé au niveau gastrique. Il faut dire qu'après 6 mois et demi de régime végétarien en brousse, revenus à la ville on a un peu trop abusé de sandwich aux oeuf, et de brochettes, mais on s'est vite calmé et on est revenu sagement à l'atièké (semoule de manioc, mais pas comme le couac de Guyane) haricots rouges.

  Sur Faranah, dès qu'on bougeait à pied, les enfants couraient vers nous pour nous saluer, trop content de voir des "Toubabous" (blanc en langue Malinké et Bambara), les parents nous invitaient même parfois à manger avec eux, vraiment une bonne ambiance. Antho s'est même fait inviter à jouer de la percu avec les sorciers de Fadouba (très connue en Afrique de l'ouest, beaucoup de gens viennent de partout pour prendre des cours avec eux) lors d'une cérémonie de mariage, la classe quand même !!!

 

  Et puis il y a eu l'épisode de Service (le chien des voisins du logement où nous étions). Un petit chien d'un an tout mignon, qui du jour au lendemain s'est mis a attaquer une petite fille du quartier, et à essayer de tuer les canards et poules de la cour, et qui quand Marion a essayé de l'attacher l'a mordue à la main (mais gentillement car il n'est même pas aller jusqu'au sang, il lui a à peine enlevé un peu de peau). Bref sur le coup on a pas suspecté la rage, car il marchait droit, ne bavait pas outre mesure, et mangeait normalement, et ne nous a pas remordu quand on s'occupait de lui pour le réattacher (car plusieurs fois il a réussi à casser sa chaîne), du coup on pensait que c'était plus un problème de chienne en chaleur car il voulait toujours se barrer faire un tour et revenait exténué pour dormir.

 

  Bref on a quitté Faranah (repartis pour les taxis brousse en mode boîte à sardine à 2 sur le siège passager avant), direction le Fouta Djalon, superbe région montagneuse de Guinée, où il fait carrément plus frais (on a même ressorti nos pulls). On s'était organisé pour un treck de 3 jours dans la région quand allant consulter nos mails, on apprend que Service était mort de la rage juste après notre départ.


  Cela faisait déjà 6 jours que Marion s'était faite mordre, il fallait donc trouver un endroit où on puisse avoir du sérum au plus vite, car étant déjà vaccinnée il fallait 2 injections de rappel pour être hors de danger. Seulement la Guinée n'étant pas le pays le plus développé d'Afrique de l'ouest, nous voila parti avec l'aide du patron de l'hôtel et de notre guide à essayer de savoir s'il y avait un autre endroit que Conakry (la capitale) où l'on puisse avoir ça, afin de pouvoir faire le treck prévu, et ne pas se taper 17 heures de taxi brousse aller/retour. On a donc appelé les docteurs, vétérinaires, hôpitaux d'un peu partout pour finalement apprendre qu'une pharmacie privée à Pita, ville la plus proche d'où nous sommes actuellement, à 52 km de Dalaba, avait les sérums !!! Une fois la bonne nouvelle acquise nous avons loué la moto de l'hôtel pour partir sur Pita l'après midi même, , et arrivés à Pita Marion s'est faite faire sa 1ere injection et nous avons pu nous retourner tranquilement sur Dalaba ; une super balade à moto sur une route de montagne avec des points de vue fantastiques et cela sous un temps magnifique qui nous a vallu un beau coup de soleil !!!

 

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  Dès le lendemain nous avons débuté notre treck de 3 jours avec le guide de l'office du tourisme qui nous a proposé un circuit plutôt sympa d'une cinquantaine de kilomètres, nous nous sommes arrangés pour trocker notre tente et nos matelas auto-gonflants contre une réduction  de 50 % sur le tarif, la bonne affaire. Nous sommes donc partis à la découverte du Fouta Djalon, trop magique en pleine saison des pluies, des chutes d'eau avoisinant les 100 m de hauteur, des grottes, des ponts de liane plutôt flippants et surtout 3 jours de rando sans pluie, exeptionnel, mais après notre moyenne de 20 km par jour, à la fin du treck on en pouvait plus !!!

 

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Le soir nous dormions chez l'habitant ; le premier était un Imame qui tient une école coranique ; les gamins sont déposés par leur parents à l'âge de 6 ans et ne reparte que vers 20 ans une fois leur "formation" achevée. On a eu certains débats sur la religion, où l'on a pu partager nos points de vue de manière cordiable, assez interressant même sans partager la même opinion en tant qu'athés. Nous passions de villages en villages et de chutes en chutes à travers les collines verdoyantes. Nous sommes en pleine periode de Ramadan, et ici les Peuls sont tous musulmans, donc nous évitions de boire ou manger devant les gens en journée, et le soir, à 19 h 20 nous coupions le jeûne avec eux en partageant les plats de tô (pâte de manioc cuite en sauce) et de fonio (bouillie de maïs). Puis après la prière de 20 h OO on passait au dîner (riz avec sauce à la feuille de patate, un peu comme des épinards) avant d'aller retrouver les bras de Morphée, après des journées riches en kilomètres et paysages.

  Le dernier jour du treck nous sommes passés à Pita, et Marion a pu se faire réinjecter sa deuxième et dernière dose de sérum antirabique, avant de rentrer en taxi brousse jusqu'à Dalaba.

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Aujourd'hui nous nous reposons et en profitons pour mettre le blog à jour tant qu'il y a de l'electricité, et demain si la météo nous le permait, on essayera de se louer des vélos et se faire 16 km pour aller voir "le pont de Dieu" arche en pierre passant au dessus d'une rivière.

 

 Voilà pour les nouvelles, on espère que vous êtes rassurer concernant la rage de Marion (qui nous aura quand même couté 40 €, ce qui est énorme pour ici et hors de moyen pour la classe moyenne de Guinée).

 On pense fort à vous tous, le retour approche petit à petit, et on remercie tout particulièrement ceux qui nous donnent des nouvelles et nous soutiennent, ça fait plaisir à des milliers de km.

Par Marion et Antho
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Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 16:09

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Salut, salut

 

Nous éspèrons que vous allez toutes et tous bien et que vous nous en voudrez pas trop de ne pas avoir donner de news depuis si longtemps !!! Nous, ça y est, nous sommes arrivés aux termes de notre bénévolat, au total 6 mois et demi passés auprès de nos amis les Chimpanzés. Que d'émotion en leur compagnie, et des moments innoubliables passés à Somoria et Bakaria, nos 2 camps de bases. Nous garderons en mémoire de nombreuses anecdotes avec eux et de nombreux moments de vie tels que :

  • les multiples échappées à gérer : soit des nurses et petits au retour des sorties en brousse où il faut se bagarer et être accompagné d'un soigneur pour qu'ils daignent rejoindre les cages et arrêter de nous faire courir et tourner en bourrique ; et même parfois des adultes échappés de leurs enclos où il faut vite aller se cacher dans un premier temps afin qu'il ne passe pas leur excitation sur nous (rappelons qu'ils ont 7 fois plus de force qu'un homme), et après une bonne vingtaine de minute il faut les suivre et réussir à les anesthésier pour les ramener aux cages, pas simple à gérer croyez-nous. Au total nous aurons durant notre séjour vécu 7 échappées d'adultes et celles des petits et des nurses ne se comptent même plus.
  • les nombreux feux de brousses allumés par les braconniers que nous avons du éteindre avec nos branche de bois en frappant les braises au sol, et les nombreux pare-feu que nous avons du allumer en saison sèche.
  • les nombreuses pannes sur les enclos où il faut faire et refaire le tours de tous les enclos pour enfin trouver la panne (soit un arbre tomber sur les enclos, soit des bous de bois mis par les chimpanzés, soit 2 fils qui se touchent ...) Anto est devenu un spécialiste des enclos et il était souvent délégué aux pannes et aux réparations.
  • les nombreux feux que nous avons du allumer et tout le bois qu'Anto a du couper à la hâche. Et oui nous n'avons cuisiné qu'au feu de bois pendant plus de 6 mois et le bonheur de retrouver une gazinière au retour sera intense (de ne prendre que 5 secondes pour allumer son feu et de pouvoir régler les flammes, quel confort cela représente au quotidien !!!) ; mais cela nous a montré, même si nous l'avions déjà vécu un peu en Guyane la vie en site isolé avec peu de moyen, ce que vivent d'ailleurs les 3/4 des habitants de ce continent.
  • les nombreux câlins des Chimpanzés et toutes les séances d'épouillage partagés avec eux. Coco, un mâle adulte de 26 ans ne pouvant être relaché et donc dans une cage à part était complètement fou de l'épouillage et des boutons, il fallait voir sa tête quand il nous perçait un bouton ou nous enlevait une croûte, il était à fond, c'était trop drôle à voir, il allait même jusqu'à nous en inventer pour être sûre que la fois d'après il aurait une croute ou deux à pouvoir enlever. Il mettait les bras et le dos de certains volontaires dans des états pas possibles ; sacré Coco !!! On lui a même fait une chanson spéciale pour lui (sur l'air de Tom Sayers) qu'il adorait qu'on lui chante. Et tous les câlins et la tendresse qu'ils nous ont donné. Ils avaient leur préférence vis à vis des volontaires comme nous vis à vis d'eux. Ils pouvaient nous enlacer dans les bras et nous serrer le bras, nous faire des petites caresses, comme des câlins d'humains, c'était trop bons ces moments là !!!
  • les innombrables pets de Chimpanzés que nous avons du subir à toutes les sauces, pendant qu'on leur donne à boire, quand on les épouille, quand ils jouent ... tout le temps, c'était charmant.
  • les kilos et kilos de riz que nous avons pu manger, à toutes les sauces (la sauce à la feuille de patate, la sauce arachide, la sauce au concentré de tomates), bref niveau bouf c'était pas la panacé hormis 2 ou 3 recettes qu'on kiffait (pizza au feu de bois, pita avec confiture d'oignons...). On se met parfois à parler des recettes qu'on se fera en rentrant en france et on en salive d'avance. Mais malgrès tout, nous sommes les 2 seuls volontaires à n'avoir pas maigri mais au contraire à avoir grossi un peu.
  • toutes les brousses passées avec les soigneurs guinéens à discuter du monde, de notre vie en Europe et de leurs vies ici. Nous nous sommes beaucoup attachés à eux, et c'était un réel plaisir de travailler avec eux même si nous n'avons pas toujours la même conception du travail. On ressent parfaitement qu'ils aiment les Chimpanzés et leur travail, même si les conditions ne sont pas toujours faciles.

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Mais aussi certains moments difficiles, comme dernièrement la mort de Charlie, un chimpanzé de 6 ans, mordu par un serpent lors d'une sortie en brousse, malgré tout nos efforts et avec le peu de moyen dont nous disposions nous n'avons pas réussi à le sauver, et il est mort dans les bras d'Antho 6h après la morsure...

Ce fut le moment le plus douloureux du séjour et le premier chimpanzé mort par envenimation en 11 ans de fonctionnement du centre de conservation des chimpanzés. Nous n'oublierons pas ce petit bout de chimpanzé au caractère si téméraire, ce qui lui fut fatal, et ne voulons surtout pas renier le fait que si l'empreinte des hommes sur ces animaux (liée à la capture pour la viande de brousse, pour alimenter le marché de certains zoos et laboratoires, et pour en faire des animaux de compagnie pour expatriés) n'était pas présente, Charlie aurait été élevé par son groupe et sa maman n'aurait pas été tuée, et ainsi aurait il pu mieux apprendre qu'un Chimpanzé ne va jamais au devant d'un serpent, mais au contraire le fui à tout prix.

Les crises de palu (une chacuns) et la fièvre thyphoïde de marion qui la clouée au lit pendant 5 jours, ne seront pas non plus des très bon souvenirs.

 

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Voilà, ce bonheur partagé avec les Chimpanzés que nous n'oublierons jamais est maintenant fini, et le voyage continu. Nous sommes en ce moment à Faranah où nous avons décidé de rester quelques jours histoire de se reposer, et oui quelques jours de congés ça se mérite bien au bout de 6 mois et demi de boulot non-stop.

Dans tout les cas nous ne regrettons pas d'être venu et nous sommes fier d'avoir pu travailler pour ce projet qui en vaut la peine et qui réalise un travail formidable pour défendre la cause des chimpanzés ainsi que la préservation de leur habitat, bravo et merci le CCC.

 

Aujourd'hui nous n'avons toujours pas de date de retour, nous sommes plutôt fatigué mais notre envie de découvrir ce pays va prolonger quelque peu cette aventure car la Guinée est belle et les Guinéens chaleureux et accueillants. Prochaine étape la visite du Fouta-Djalon avec ces chuttes d'eau et ces montagnes, l'une des plus belles région de Guinée.

 

Voilou pour les news, merci à tous ceux qui nous suivent dans cette aventure et nous encourage, malgré le fait que ce soit formidable de vivre toutes ces expériences, ça fait du bien de savoir que chez nous il y a des gens qui pense à nous. On vous embrasse fort de Guinée et on vous tiens informé des prochaines étapes.

Par Marion et Antho
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Vendredi 9 avril 2010 5 09 /04 /Avr /2010 21:03

Salut, salut !!!

Comme vous avez pu le remarquer cela fait un petit moment que nous n'avons pas donné de nouvelles, mais ça y est elles sont enfin là !!! Donc nous sommes à Somaria, en brousse, à 6 h de piste de la première ville, au Centre de Conservation pour Chimpanzés, et cela depuis près de 3 mois.

Nous partageons notre quotidien avec près d'une quarantaine de chimpanzés, séparés en 3 groupes : les nursery (Habou, Kirikou, Panza, Douma, Hakim, Lily, Ama et Flo), les petits (Kindy, Oga, Nelson, Luna, Vévé, Charly, Max, Dan, Chloé, Shelly, Lobay, Kumba, Wodo) et les grands (Kyo, Bobo, Rappa, Lola et sa petite Siala, Annie, Lunday, Ced, Rocky, Mike, Moka, Paco, Laurence, Nimba, Charlotte, Sita). En plus il y Coco (qui lui ne sera jamais relaché car handicapé depuis qu'un militaire lui ai tiré dessus à 5 reprises), et Zoé qui est arrivé il y a quelques mois, et le groupe du relaché qui lui est vers Bakaria (autre camp où nous les suivons avec leur collier émetteur) avec Robert, Albert, Lottie et son petit Jackson, Nanou, et Mama qui a accouché récemment d'une petite fille.

Chacun d'eux a une histoire assez triste jusqu'au jour où ils sont arrivés ici, souvent leur groupe (dont la maman) a été tué par les braconniers, et ils ont été mis en captivité chez des locaux ou des expatriés qui les ont achetés. Bref tout ça pour dire qu'ils ont tous beaucoup souffert certains plus que d'autres et que le CCC leur offre la possibilité de regagné leur vrai vie de chimpanzés en groupe dans la brousse. Mais avant d'arriver à les relâchés ils ont un long parcours à mener, et nous tentons d'y contribuer.

Le programme d'une journée se résume à se lever à 6h30 pour la préparation des biberons et des médicaments, pour les 2 volontaires qui en ont la charge, les autres arrivent au premier repas de la journée à 7 h, puis après 2 volontaires partent en brousse jusqu'à 12 h (2ème repas), un avec les nursery, et l'autre avec les petits, pendant que les autres volontaires s'occupent du camp (ménage, cuisine, netoyage et préparation des biberons pour le rapas suivant ...). A 12h30 on se retrouve pour manger tous ensemble et une pause jusqu'à 15 h (3ème repas) après lequel 2 autres volontaires partent en brousse jusqu'à 18 h (heure du dernier repas). La journée de travail se finit généralement vers 18h40, heure à laquelle anto et moi nous empressons d'aller prendre notre douche au fleuve Niger avant que la nuit ne tombe, vrai petit moment de bonheur. Les journées sont assez intensives et avec la chaleur d'ici, on passe notre temps en sueur.

Les sorties en brousse leur permettent de passer le moins de temps possible dans leur cage et d'apprendre la vie dans la nature. Ce sont des moments très agréables ; les chimpanzés font leur vie dans les arbres, se nourissent de feuilles, de fleur, de fruit et de termites, parfois ils chassent même des petits singes ou écureuils. Parfois ils viennent prendre une dose de câlins car ce sont encore des bébés ayant besoin d'affection, et parfois ils essayent aussi de jouer au dur en nous testant et en faisant des display (mini bagarre). Ca fait parfois rire quand c'est un chimp de 50 cm de haut, mais il ne faut pas oublier qu'à poid égal ils ont 7 fois la force d'un homme en bonne santé. Je me suis même déjà retrouvé le cul à terre après le display de Panza et 10 min de combat, et c'est ce petit bout de 50 cm qui avait le dessus, mais rien de grave, pas de morsure ni autre !

A côté de cela il y a les missions ponctuelles de quelques semaines à 1h30 de piste de Somoria, à Bakaria (site du relaché où l'on suit les chimpanzés relachés par radio trekking, pour étudier leur adaptation à la vie sauvage, et où l'on assure des missions de protection accompagnés de gardes et de militaires). A Bakaria, la vie est assez roots, on se croirait en w-e carbet en Guyane (pour ceux qui connaissent) ; on est au bord du fleuve Niger, on s'y lave et on y fait la vaisselle et la lessive, on boit l'eau du fleuve, on cuisine au feu de bois, bref la vrai vie en site isolé sans eau courante ni électricité. Antho y a passer près de 4 semaines en mission protection à camper avec sa troupe de garde et de militaire, en mangeant du riz-sauce matin, midi et soir ; il s'est même fait une crise de palu avec pour seul confort son matelas autogonflant posé à même le sol, et moi qui n'était même pas là pour veiller sur lui, pas facil.

Durant ces 3 mois passés, nous avons vécu beaucoup d'évènements : de nombreux feu de brousse allumés par les braconniers, et qui menecaient d'envahir notre camp et les enclos des chimpanzés, et que nous allions éteindre coute que coute avec nos branches de bois que nous frappions au sol ; une échappée des grands de leur enclos, qui a valu une grande montée d'adrénaline à Marion qui s'est retrouvée à courir avec 2 des soigneurs jusqu'au fleuve et à traverser à la nage sans trop comprendre pourquoi, et qui en définitive s'est bien finie ; une traversée du fleuve par les chimpanzés relâchés vers le camp de Bakaria à 3 reprises, ce qui leur vaut maintenant d'être à nouveau en cage jusqu'à ce que le niveau du fleuve soit remonté... Bref soyez sûre qu'ici nous n'avons pas le temps de nous ennuyer...

 

Travailler avec ces animaux est un réel bonheur, ils nous ressemble tant. Tout l'amour et l'attention que nous leur offrons, ils nous le rendent au centuple, chacun ayant son caractère et une personnalité bien à lui. Parfois il est difficil de ne pas s'interposer quand un dominant pique la nourriture d'un autre, et pourtant il faut respecter leurs moeurs et cette hiérarchie dans le groupe, donc on fini par s'y faire. Ils ont tous tellement souffert que nous nous devons de leur donner les meilleures armes pour qu'ils puissent retrouver une vie bien à eux dans la brousse. Donc tous les jours nous mettons notre fatigue accumulée de côté afin d'être là au maximum pour eux, et la fin de nos 6 mois de bénévolat nous fera du bien physiquement mais nous aurons le coeur vide à l'idéé de devoir les laisser. On en profite à fond, en se disant que c'est une expérience unique dont on reparlera toute notre vie, un peu comme celle d'élahé et de nos anciens élèves.

On vous fait de très gros bisous à tous, en espérant pouvoir vous redonner des news rapidement.

PS : Sam et jenny, encore une fois on est fier de vous, et continuez d'en profiter, vous assurez les pti loups

Très gros bisous à marie-anne et tartine, on pense fort à vous

Et plein de gros bisous à Alice, Vanessa + Warren, Carole, les cousins-cousines, mes petites soeurs, mon daddy, Franky, cyril et Lucie, Mathieu, Noar, Karim et Anne, Elianne ... et tous les autres, on pense fort à vous aussi, et on a hate de tous vous retrouver.

Par Marion et Antho
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Lundi 18 janvier 2010 1 18 /01 /Jan /2010 18:59
salut à tous

Ca y est nous sommes arrivés à Faranah, après encore près de 700 km de parcourus depuis Bamako. Passage de frontière assez tranquil, sauf qu'on a du payer un bakchich aux gendarmes guinéens : motif, ici pour tamponner notre passeport ils nous demandaient 5000 franc cfa par personne (soit environ 8 €) et quand on leur a gentillement signalé que de tous les pays que l'on avait traversé, à chaque fois il n'y avait rien eu à payer c'est descendu à 1000 cfa / pers. Après il a fallu choper des taxis brousses où on se serrait à 2 avec antho sur le siège passager avant ; c'est normal ici, les voitures 5 places embarquent à 7 pers (4 à l'arrière, et 3 à l'avant), et payer une taxe très fluctuante pour nos bagages, qu'il fallait négocier ardemment car elles pouvaient atteidre le prix du billet. Il faut savoir que depuis le début du voyage, une de nos plus grande frustration c'est de ne pas avoir de prix clairement indiqués, et que la couleur de peau clair provoque une flambée des prix en comparaison des prix pour les locaux, mais bon ça fait parti
du rituel de la négociation, et faut s'y faire. Sinon les gens sont très accueillant, et nous souhaitent quasiement à chaque fois la "bonne arrivée", dans les taxi on discute de tout et rien, ils nous demandent souvent pourquoi on a pas d'enfant et on essaye de leur expliqué tant bien que mal, on parle de Sarkozy et sa politique de ... et ils sont assez d'accord, sauf pour les enfants, eux qui en ont souvent une dizaine avec trois femmes différentes (la polygamie est courante et signe de réussite sociale). 
Comme vous avez pu le remarquer la bonne nouvelle c'est qu'il y a internet à Faranah, et que donc nous pourrons continuer de vous tenir au courant durant ces 6 prochains mois, pas aussi souvent que jusqu'à maintenant, mais quand même des news, une fois tous les 1 à 2 mois au moins !!!
Nous devions déjà être au centre de soin, à 5 h de pistes d'ici, mais il n'y avait plus assez de place dans le 4*4 donc notre premier contact avec les chimpanzés est repoussé à mercredi.
Sinon la situation en Guinée continue de s'apaiser avec la programmation d'élection dans les 6 prochains mois et l'accord de Dadis Camara de rester au Burkina. Ca fait quand même un peu bizarre tout ces barrages de militaires le long des routes, pour nous aucun problème ils sont même très sympa mais avec les Guinéens c'est contrôle d'identité et si pas de carte bakchich obligatoire. En plus en ce moment c'est la crise, plus d'essence à la pompe, il y a des files d'attentes énormes à chaque approvisionnement et ça augmente le temps d'attente quand on doit prendre un taxi brousse qui attend évidemment le dernier moment pour faire le plein.
Voilou, en tout cas on y est malgré toutes les personnes rencontrées qui nous déconseillaient d'y aller vu la situation et le contexte politique et sociale à 2 doigts de tourner à la guerre civile. Mais on y a pas renoncé et on a bien fait vu que la situation s'améliore, et nous allons enfin pouvoir être utile et se battre pour la cause des chimpanzés, et surtout travailler dans notre domaine professionnel : la protection de l'environnement.

On à hâte d'être mercredi, on vous embrasse et on vous donne des news dès qu'on peut.
Par Marion et Antho
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